Il y a une dimension sociale et humanitaire derrière le développement durable

Arféo est une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de mobilier de bureau. Jacques Albert, son PDG a souhaité y intégrer au mieux le développement durable. Ils nous explique comment il le met en place et quelles attention il lui apporte.

Jacques Albert, vous êtes le PDG d’Arféo, pouvez-vous nous présenter l’entreprise ?
Arféo est une entreprise qui conçoit, fabrique et vend du mobilier de bureau. C’est une entreprise franco-française basée en Mayenne. Elle joue sur la nécessité de vouloir maintenir un outil industriel en France, conserver et développer de l’emploi, et qui s’inscrit dans la partie développement durable, à la fois de manière stratégique au niveau de l’entreprise, mais aussi de manière concrète au niveau des actes à l’intérieur même de l’entreprise.

En quoi votre entreprise est-elle basée sur les valeurs du développement durable ?
Tout d’abord par la diffusion, la mobilisation et la sensibilisation en interne, sous forme de formations, d’affichage et de création de groupes de travail sur la nécessité d’intégrer le développement durable au sein de l’entreprise. Ainsi, nos employés diffusent cette culture auprès de nos clients et de nos fournisseurs. Dans ce cas,  l’enjeu est à la fois amont et aval. Le deuxième élément est de mettre en place un certain nombre points, tels que les certifications (bilan carbone, analyse du cycle de vie, ISO 14001, certification de nos produits NF environnement). En bref, le but est d’arriver à démontrer, en interne comme en externe, que nos produits sont « éco conçus », ne polluent pas la planète, peuvent avoir une deuxième vie (retraitement, recyclage). Nous nous inscrivons à la fois dans la parie économique du développement durable, dans la partie sociale et dans la partie environnementale que tout le monde connaît.

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« Economie », « social » et « environnemental » riment selon vous ?
Oui, clairement. Dans mon esprit, il y a une dimension sociale et humanitaire derrière le développement durable. Le développement durable est générateur de certains métiers. Je m’explique : nous avons chez nous des personnes d’expérience qui savent travailler le bois, le métal, l’ébénisterie. Il y a un certain savoir faire, une culture. Nous avons donc le devoir de transmettre ce savoir faire en impliquant les jeunes, en les formant. Or, pour les former, il faut savoir conserver le travail de ces seniors, en prendre soin. Il y a aussi des aspects « diversité » et « égalité » très importants qui donnent une dimension sociale. L’entreprise a donc un rôle citoyen majeur à jouer. Citoyen sur le développement durable, bien sûr, mais il y a aussi des action humanitaire ou humanistes. Les idées ne manquent en général pas dans ce domaine, et peuvent avoir un rôle moteur dans l’entreprise, peuvent se partager.

En quoi une entreprise qui va acheter votre mobilier va rendre un service à l’écologie ?
Pour le coté écologique, notre client a la certitude que le mobilier sera recyclé et ne repartira pas on ne sait où… Ensuite, il se peut que notre mobilier ait une seconde vie : il peut être revendu, donné à des associations (d’où le coté humanitaire de l’entreprise). L’autre élément important est qu’une entreprise qui aura acheté du mobilier « Arfeo » aura pris soin d’intégrer un certain nombre de points propre à l’environnement de travail : nous pensons à l’aspect confort, à l’aspect productivité, mais aussi sur l’aspect médical (problèmes de dos etc…) qui ont des impacts sur la sécurité sociale par exemple.

Sommes nous en train de revenir à un modèle « A taille humaine » ?
Arfeo est une PME française de 280 personnes. Cela nous permet d’avoir une certaine forme de réactivité, d’être proche les uns des autres (et donc générer moins de CO2 dans les transports) et bien sûr un aspect dimension humaine qui m’importe. Les très grosses entreprises on souvent tendance à se déshumaniser, ce qui peut créer un déséquilibre, un malaise.

Dernière question, nous parlons humanitaire, écologie, mais une entreprise qui se lance dans le développement durable y trouve aussi un avantage économique, ou est-ce forcément perdre de l’argent ?
Non ! Surement pas ! Faire du développement durable ce n’est pas faire de la philanthropie non plus… Il faut en fait intégrer le développement durable dans sa stratégie. C’est à dire qu’il faut repenser toute son analyse de valeur, sa chaine de valeur, de façon à ne pas forcément produire des produits qui soient plus chers au motif qu’ils soient durables.

Propos reccueilis par Louis V. et Alexis S.


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