Kosovo : une impasse écologique

Les journalistes de Capvert-info.com sont toute la semaine au Kosovo, l’occasion de faire un point écologique sur l’un des pays les plus pollués d’Europe.

Il y a 10 ans, le Kosovo, alors région de la Serbie, a connu une guerre violente. Pendant plus de 78 jours, cette province a été bombardée par des munitions à uranium appauvri de l’Otan, ce qui a naturellement affecté les conditions écologiques et sanitaires du Kosovo. Les occidentaux tentent de réparer les dégâts, mais aujourd’hui, ils dépassent nettement les frontières du simple bombardement.

En effet, la plupart des frappes visaient des sites industriels. De nombreuses usines ont été détruites, déversant dans les champs, fleuves et forêts leur contenu nocif. Résultat : la présence de plomb dans l’air et l’eau du pays dépasse de plus de 200 fois le seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à tel point que les soldats français de la Kfor sont régulièrement testés. En cas de taux de plomb trop élevé, ils se doivent de rentrer en France, et se voient même conseiller de ne pas avoir d’enfant avant 6 mois.

De nombreuses usines aujourd’hui sont très males entretenues. Certaines, comme celle de Zvecan (plomb) ont été fermées par les militaires. D’autres, comme cette cimentrie que nous avons pu apercevoir hier, dans le sud, près de la frontière macédonienne (photo) produit une fine poussière blanche retombant sur le village autour.

Nous visitions ce matin le centre de tri de l’immense camp américain « Camp Bondsteel ». Un lieu uniquement présent dans ce camp, et non à l’extérieur. En effet, des immenses décharges sauvages jonchent le sol du Kosovo, favorisant une pollution des cours d’eau, et par conséquent de toute la chaîne alimentaire. De nombreuses hépatites A sont constatées ici. Cette toux que Narona, étudiante en droit, répète sans cesse, provient de ces centrales de charbon, qui, à force de fonctionner à plein régime, ont créé une véritable montagne de poussière… aux portes de la capitale.

Aucune mesure n’est donc prise pour protéger l’environnement au Kosovo, mais aussi la vie des citoyens. Même s’il existe officiellement un Ministère du développement durable à Pristina, aucun budget, ni aucune importance ne lui est accordée. Le parti des verts, lui, ne réalise que de ridicules résultats lors des élections. L’environnement n’est clairement pas une préoccupation des civils.

Nous pouvons conclure en affirmant que la situation n’est pas prête d’évoluer. La sensibilisation ne venant pas de l’intérieur, ne peut même pas venir de la communauté internationale. En effet, le Kosovo n’étant encore reconnu que par très peu de pays, aucun grand organisme ne peut s’y implanter. Le Kosovo dépend alors uniquement de la volonté de ses habitants.

L.V et A.S


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